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Crédit hypothécaire à 0 % en Belgique : ce qui existe vraiment

Non : en Belgique, aucune banque ne propose de crédit hypothécaire à 0 % pour acheter un logement. Les prêts à 0 % qui existent sont des prêts publics régionaux, limités à la rénovation (surtout énergétique) et soumis à des conditions de revenus et de logement. Une publicité qui promet un « crédit immobilier à 0 % » mérite donc d’être vérifiée de près.

Pourquoi un crédit hypothécaire bancaire n’est jamais à 0 %

Un prêteur finance votre achat avec de l’argent qui lui coûte lui-même quelque chose. Le taux débiteur rémunère ce coût et le risque pris. S’y ajoutent des frais : dossier, expertise du bien, assurance solde restant dû, frais d’acte de crédit et d’inscription hypothécaire.

C’est pourquoi deux notions doivent être distinguées :

  • le taux débiteur : le taux d’intérêt appliqué au capital emprunté ;
  • le TAEG (taux annuel effectif global) : le coût total du crédit exprimé en pourcentage annuel, frais obligatoires compris.

Même si un taux débiteur était affiché à 0 %, les frais obligatoires rendraient le TAEG supérieur à 0 %. Le Code de droit économique (Livre VII) impose d’indiquer ce TAEG dans la publicité chiffrée et dans les informations remises avant la signature.

Les prêts publics à 0 % ou à taux réduit

Les trois Régions proposent des prêts publics pour rénover un logement. Ils ne servent pas à acheter une maison, et le taux de 0 % n’y est réservé qu’à certains ménages ou à certains travaux :

  • Wallonie : la Société wallonne du crédit social (SWCS) et le Fonds du Logement de Wallonie accordent des prêts à tempérament à 0 % pour rénover (Rénopack, Rénopack SWCS, Rénoprêt). Dans le régime actuel, ils s’adressent aux propriétaires d’un logement wallon de plus de 15 ans dont les revenus imposables sont inférieurs à 122 800 €, pour des travaux de 1 000 € à 60 000 € (wallonie.be, mise à jour du 30/07/2026). Ces prêts ne disparaissent pas : leurs conditions sont revues au 1er octobre 2026. Le soutien sera alors réservé aux logements de label PEB G ou F qui atteindront au moins le label D après travaux, ou de label E qui atteindront au moins le label C, sur la base d’un audit préalable. Le Rénopack restera un prêt à 0 % pour les catégories de revenus C1 à C3 (jusqu’à 67 100 €), avec une réduction du montant à rembourser ; le Rénoprêt, à 0 % ou à taux préférentiel selon les travaux et le profil, sera notamment accessible à la catégorie C4 (jusqu’à 122 800 €, taux variable). Le montant empruntable passera à 75 000 € pour une maison unifamiliale (wallonie.be, mise à jour du 25/09/2026). Pour relever encore du régime actuel, la demande doit être introduite avant le 1er octobre 2026 avec un dossier finalisé et les documents requis (SWCS, 17/07/2026). Cette réforme concerne les aides régionales à la rénovation, pas les règles d’achat d’un logement.
  • Bruxelles : le crédit ECORENO du Fonds du Logement n’est pas à 0 % : son taux est de 2,5 % ou 3,5 % selon les revenus, et le Fonds précise qu’il peut évoluer avec les marchés financiers. Il existe sous forme de crédit à la consommation (1 500 € à 25 000 €, 10 ans maximum) ou de crédit hypothécaire (jusqu’à 120 % de la valeur du bien après travaux, 30 ans maximum), selon fonds.brussels.
  • Flandre : Mijn VerbouwLening, prêt de rénovation de 4 000 € à 60 000 € sur 25 ans maximum, réservé aux propriétaires occupants des catégories de revenus 2 à 4. Pour les demandes introduites en 2026, le taux est de 0 % pour la catégorie 4 (revenus les plus bas), 0,5 % pour la catégorie 3 et 1,5 % pour la catégorie 2 (vlaanderen.be).

Les montants, catégories de revenus et démarches sont détaillés dans notre guide prêt énergie en Belgique. Pour comparer ces prêts avec les autres formules de financement de travaux, consultez crédit pour travaux.

Ces prêts publics ont leurs propres guichets : la demande se fait auprès de l’organisme concerné (SWCS ou Fonds du Logement de Wallonie, Fonds du Logement bruxellois, Energiehuis en Flandre), pas auprès d’une banque. Ils restent des crédits : l’organisme vérifie votre capacité de remboursement, et le taux de 0 % dépend de vos revenus et de vos travaux.

Exemple chiffré : ce que coûterait vraiment le 0 %

Hypothèses : 250 000 € empruntés sur 25 ans (300 mensualités), sans frais ni assurance, taux annuel appliqué au mois (taux ÷ 12). Le taux de 3 % est purement illustratif : ce n’est pas une offre.

Taux débiteur Mensualité Intérêts totaux
0 % (théorique) 833,33 € 0 €
3 % (illustratif) 1 185,53 € 105 658,49 €

Un vrai 0 % sur un achat représenterait plus de 100 000 € d’intérêts en moins dans cet exemple. C’est précisément pour cela qu’aucun prêteur ne le propose : si une annonce l’affirme, le coût est forcément ailleurs.

Comment repérer une fausse annonce « crédit 0 % »

  • Le TAEG n’est pas indiqué, ou il est nettement supérieur au taux mis en avant.
  • Le 0 % ne vaut que pendant quelques mois, puis un autre taux s’applique.
  • Des frais sont demandés avant l’octroi du crédit : c’est un signal typique de faux prêteur, contre lequel la FSMA met régulièrement en garde.
  • Le prêteur ne figure pas parmi les établissements autorisés : vérifiez-le sur le site de la FSMA.
  • Le prêt est présenté comme accessible sans analyse de votre situation : un prêteur doit vérifier votre solvabilité et consulter la Centrale des crédits de la BNB.

Réduire réellement le coût d’un crédit hypothécaire

  • Comparer le TAEG et la fiche européenne d’information standardisée (ESIS) de plusieurs prêteurs, pas seulement le taux affiché.
  • Choisir la durée la plus courte compatible avec votre budget : les intérêts totaux baissent avec la durée.
  • Augmenter l’apport personnel, qui réduit le montant emprunté.
  • Négocier les produits liés (assurance, compte) et vérifier leur coût réel.
  • Pour des travaux énergétiques, vérifier d’abord votre éligibilité à un prêt régional.

Un exemple de guide bancaire : prêt immobilier Belfius.

Pour aller plus loin : le guide du crédit hypothécaire

Pour un achat, la solution reste un crédit hypothécaire classique, dont il faut comparer le TAEG et l’ESIS. Le guide du crédit hypothécaire publié sur solucredit.be détaille la quotité, les frais (dossier, expertise, assurance solde restant dû) et l’indemnité de remploi. Ce guide ne contient pas d’offre de crédit.

Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent.

 

Lien vers un site partenaire. Ce guide n’est pas un prêt public régional.

Sources

Guide d’information générale, non publié par un prêteur ni par une administration. Vérifiez les conditions auprès de la source officielle avant de signer.

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